STIHL : la fidélité au site coûte 175 millions
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STIHL a investi environ 175 millions d’euros dans son siège allemand en 2025, soit plus de la moitié des investissements totaux du groupe. Parallèlement, le groupe de Waiblingen a inauguré sa première usine de batteries en Roumanie et mène une politique d’économies sur son site allemand. Ceux qui y voient une contradiction passent à côté de la véritable leçon : voici à quoi ressemble la fidélité à un site en 2026.
Les points clés en bref
- 175 millions pour le siège : Sur les 335,7 millions d’euros d’investissements du groupe en 2025, plus de la moitié ont été alloués à l’Allemagne. Le chiffre d’affaires a atteint 5,48 milliards d’euros.
- Un contrat plutôt qu’une promesse : Fin 2025, STIHL a prolongé jusqu’à fin 2027 le contrat de sécurisation de l’emploi et du site pour son siège. C’est cet engagement concret, et non le communiqué de presse, qui compte.
- La Roumanie soutient sans remplacer : La nouvelle usine de batteries d’Oradea, d’un montant de 125 millions d’euros, accompagne la transition vers le tout-batterie. Le siège conserve la production stratégique.
- Le revers assumé : Les effectifs du siège sont passés de 6 064 à 5 831 salariés. Aujourd’hui, la fidélité à un site se mesure aux investissements et aux contrats, moins au nombre de têtes.
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Les décisions réelles de STIHL en 2025
Les chiffres du bilan annuel sont sans équivoque. Le groupe STIHL a porté son chiffre d’affaires à 5,48 milliards d’euros en 2025, contre 5,33 milliards l’année précédente. Son siège allemand, réparti sur huit sites, y a contribué à hauteur de 1,85 milliard d’euros, soit une progression notable par rapport aux 1,63 milliard de l’exercice antérieur. Le moteur tourne, y compris sur le site national, pourtant coûteux.
L’essentiel réside dans l’affectation des capitaux. Sur les 335,7 millions d’euros d’investissements du groupe, environ 175 millions – soit plus de la moitié – ont été injectés dans le siège allemand, notamment dans la production de moteurs et de nouveaux bâtiments industriels. Un groupe qui miserait sur l’étranger allouerait ses ressources différemment. STIHL investit là où se concentre déjà la création de valeur.
La fidélité à un site se mesure aujourd’hui aux contrats
Les déclarations d’attachement à un site ne valent pas grand-chose tant qu’elles restent cantonnées aux discours du dimanche. Fin 2025, STIHL a apporté une preuve plus tangible en prolongeant de deux ans, jusqu’à fin 2027, le contrat de sécurisation de l’emploi et du site pour son siège. Pour les dirigeants de PME, c’est cette unité-là qui compte : un accord contraignant avec les salariés, pas un argument marketing.
Cette démarche s’accompagne d’un revers assumé. À la fin 2025, le siège employait 5 831 personnes, contre 6 064 un an plus tôt. À l’échelle mondiale, les effectifs ont progressé pour atteindre 20 246 salariés, tandis qu’ils diminuaient légèrement sur le site historique. STIHL mène en parallèle un programme de réduction des coûts, prévu pour s’étendre au moins jusqu’à fin 2026. En 2026, la fidélité à un site se traduit donc par des investissements et un contrat de sécurisation, tout en appliquant une gestion plus rigoureuse des coûts. Ceux qui ne regardent que les effectifs passent à côté du message.
Pourquoi l’usine roumaine soutient le siège historique
Le premier site propre du groupe hors des implantations établies se trouve à Oradea. 125 millions d’euros, début des travaux en mars 2024, inauguration en octobre 2025, construit en moins de 18 mois. L’usine produit exclusivement des packs de batteries et des appareils fonctionnant sur batterie, avec une capacité prévue d’un million de packs de batteries d’ici 2026 et bien plus d’ici 2028.
C’est la réponse à la transformation liée aux batteries, qui bouleverse actuellement le marché de STIHL. La nouvelle capacité en Roumanie ne concurrence pas la production principale en Allemagne, elle la complète par un segment de produits en croissance. C’est là que réside l’art : développer de nouveaux volumes là où cela est rentable, sans affaiblir le siège historique. Une usine à l’étranger ne devient un problème que lorsqu’elle remplace le site d’origine au lieu de le soulager.
Ce que les PME peuvent en retenir
Le cas STIHL sert de modèle, car il illustre le dilemme typique des PME allemandes : des coûts de site élevés, un changement technologique, et en même temps la volonté de préserver les emplois et le savoir-faire dans le pays. STIHL montre que les deux sont compatibles, à condition de respecter la bonne séquence.
Trois signaux sont transposables. Premièrement : celui qui veut préserver son site investit visiblement dans son cœur de métier, au lieu de se contenter de gérer les coûts. Deuxièmement : un accord de sécurisation du site crée une confiance auprès des salariés qu’aucun discours ne peut remplacer. Troisièmement : les nouvelles capacités à l’étranger sont légitimes si elles portent un segment de croissance et soutiennent la base nationale. Pour les dirigeants confrontés à un choix similaire, c’est un plan utile.
Foire aux questions
Combien STIHL a-t-il investi en Allemagne en 2025 ?
Sur les 335,7 millions d’euros d’investissements du groupe, environ 175 millions d’euros, soit plus de la moitié, ont été consacrés au siège historique allemand, notamment dans la production de moteurs et les bâtiments opérationnels. Le chiffre d’affaires du siège historique a atteint 1,85 milliard d’euros.
STIHL supprime-t-il des emplois en Allemagne ?
Les effectifs du siège historique ont légèrement diminué en 2025, passant de 6 064 à 5 831 salariés, dans le cadre d’un programme de réduction des coûts prévu au moins jusqu’à fin 2026. À l’échelle mondiale, les effectifs ont augmenté pour atteindre 20 246 personnes. Parallèlement, un accord de site prolongé sécurise le siège historique jusqu’à fin 2027.
Pourquoi STIHL construit-il une usine en Roumanie ?
L’usine d’Oradea produit exclusivement des packs de batteries et des appareils fonctionnant sur batterie, répondant ainsi à la transformation du marché vers les batteries. Elle complète la production principale en Allemagne par un segment en croissance, sans la remplacer.
Qu’est-ce qu’un accord de maintien de l’emploi et du site ?
Un tel accord fixe de manière contraignante entre l’entreprise et les salariés la garantie d’un site et de ses emplois pour une période définie. STIHL l’a prolongé fin 2025 pour son siège historique jusqu’à fin 2027.
Le modèle STIHL est-il transposable à des entreprises plus petites ?
L’échelle est différente, mais pas le principe. Investir visiblement dans le cœur de métier, conclure des accords contraignants avec les salariés et développer des capacités ciblées dans le bon segment fonctionnent aussi pour les PME comme signal de sérieux quant à la préservation du site.
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