Desertec rechargé : Ce que l’énergie solaire des déserts signifie pour les coûts énergétiques
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L’idée de fournir l’Europe en électricité à partir du Sahara a été considérée comme ayant échoué il y a dix ans. Aujourd’hui, Desertec revient, cette fois avec de l’hydrogène vert au lieu de câbles électriques. Pour les entreprises moyennes à forte intensité énergétique, cela ressemble à une réponse aux coûts énergétiques élevés. Ce que le plan apporte réellement dépend de questions auxquelles personne n’a encore répondu.
Les points clés en bref
- Nouvelle tentative, nouveau produit : Le projet Desertec 3.0 est né de l’échec du rêve d’électricité, un plan pour produire de l’hydrogène vert dans les déserts d’Afrique du Nord et du Moyen-Orient.
- De nombreux partenaires, pièces manquantes : La MENA Hydrogen Alliance compte plus de cent partenaires. Cependant, les pipelines, le financement et une stratégie politique font encore défaut.
- Pas un levier rapide pour les PME : L’hydrogène bon marché des déserts peut à long terme réduire les coûts énergétiques. D’ici là, les contrats de fourniture d’électricité restent l’option la plus réaliste.
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Du rêve d’électricité échoué au plan hydrogène
Qu’est-ce que Desertec ? Desertec est une initiative lancée en 2009 à l’origine, qui visait à produire de l’électricité solaire et éolienne dans les déserts d’Afrique du Nord et du Moyen-Orient, initialement pour l’exportation vers l’Europe. Le premier consortium s’est dissous après quelques années. L’idée elle-même est restée et a évolué à plusieurs reprises.
La première tentative a échoué en raison de problèmes d’argent, de géopolitique et de la simple logistique de transport de l’électricité sur des milliers de kilomètres jusqu’en Europe. Ce qui avait été annoncé comme un projet du siècle a été mis en sourdine. Cette histoire est importante pour la nouvelle tentative, car de nombreuses anciennes difficultés n’ont pas disparu.
Aujourd’hui, l’accent est mis sur l’hydrogène vert. Au lieu d’exporter directement l’électricité, il est prévu de produire de l’hydrogène dans les régions ensoleillées avec de l’énergie renouvelable, qui peut être stocké et commercialisé sur de longues distances, bien qu’avec des pertes de conversion propres. La demande en Europe est là, car les vecteurs énergétiques neutres en carbone sont recherchés de manière urgente pour l’industrie.
Ce que Desertec 3.0 est concrètement aujourd’hui
La nouvelle tentative est portée par Dii Desert Energy et la MENA Hydrogen Alliance qu’elle a fondée. L’objectif est un partenariat régional entre l’Europe, l’Afrique du Nord et le Moyen-Orient, qui construit des chaînes de valeur locales autour de l’hydrogène vert, et non seulement un corridor d’exportation vers le nord.
L’alliance a, selon les informations du projet, gagné plus de cent partenaires, dont de grands noms de l’énergie et de l’industrie. Sont impliqués, selon les rapports disponibles, des acteurs tels que Siemens Energy et Linde, ainsi que des entreprises d’Afrique du Nord et de la région du Golfe. C’est une base nettement plus large que lors de la première tentative, qui était fortement soutenue par quelques grands groupes.
Ce que cela pourrait signifier pour les PME à forte intensité énergétique
Pour une entreprise de production de taille moyenne avec des coûts énergétiques élevés, la question décisive n’est pas tant la vision que l’horizon temporel. Personne ne livrera rapidement de l’hydrogène du désert directement dans la zone industrielle. Le bénéfice est réaliste à moyen et long terme et se fait par deux voies.
La première voie est celle d’un hydrogène vert moins cher comme vecteur énergétique pour les processus qui ne peuvent pas être simplement électrifiés, comme la chaleur à haute température. Si les coûts diminuent ici, cela soulage considérablement les secteurs à forte intensité énergétique. La deuxième voie consiste en des contrats d’approvisionnement en électricité à long terme, appelés PPAs, qui permettent aux entreprises de sécuriser dès aujourd’hui la production d’énergie renouvelable à des prix prévisibles. Cette voie est déjà ouverte aujourd’hui, indépendamment de savoir si Desertec 3.0 atteint son grand objectif.
Ce qui plaide en faveur
- Large base de partenaires issus de l’énergie et de l’industrie
- L’hydrogène est stockable et commercialisable
- L’Europe recherche des vecteurs énergétiques neutres en carbone
- PPAs comme étape intermédiaire proche
Ce qui reste ouvert
- Les pipelines et l’infrastructure de transport font défaut
- Le financement à grande échelle n’est pas encore défini
- La stratégie politique n’est pas encore finalisée
- Longue période de préavis avant la première livraison
Ce qu’il manque encore avant la première livraison
Les points ouverts ne sont pas des questions de détail. Il manque les pipelines et les voies de transport qui permettraient de transporter l’hydrogène en Europe. S’y ajoute un financement incertain pour des projets de cette ampleur et une stratégie politique qui rendrait l’achat et les prix suffisamment fiables pour que les investisseurs s’engagent.
Pour les décideurs des PME, cela signifie lire Desertec 3.0 comme un signal et non comme une solution pour l’année prochaine. Qui veut réduire ses coûts énergétiques aujourd’hui regarde l’efficacité, la production propre et les contrats d’approvisionnement. Qui planifie de manière stratégique garde un œil sur les corridors à hydrogène sans se fier à un calendrier que personne ne peut encore garantir.
Foire aux questions
Desertec n’a-t-il pas déjà échoué ?
La première tentative, lancée en 2009, n’a pas atteint son objectif initial et le consortium s’est largement dissous. Cependant, l’idée a été réétudiée. Desertec 3.0 mise aujourd’hui sur l’hydrogène vert plutôt que sur l’exportation directe d’électricité vers l’Europe.
Pourquoi l’hydrogène plutôt que l’électricité ?
Transporter de l’électricité sur des milliers de kilomètres est coûteux et entraîne des pertes. L’hydrogène vert peut être stocké et commercialisé, bien qu’avec des pertes de conversion. De plus, l’Europe a besoin de vecteurs énergétiques neutres en carbone pour les processus qui ne peuvent pas être facilement électrifiés, comme dans l’industrie.
Mon entreprise de taille moyenne peut-elle en bénéficier dès aujourd’hui ?
Pas directement pour l’instant. L’hydrogène du désert n’est pas encore disponible pour une utilisation généralisée. Le levier disponible aujourd’hui est la conclusion de contrats de fourniture d’électricité à long terme à partir de sources renouvelables, qui permettent de sécuriser des prix prévisibles, indépendamment de l’avancement du projet.
Quels sont les plus grands risques du projet ?
L’absence d’infrastructure de transport, un financement incertain à grande échelle et une stratégie politique encore incomplète. Ces trois points détermineront si la vision se concrétisera en chaînes d’approvisionnement fiables ou si le projet sera à nouveau bloqué.
Comment un décideur doit-il aborder ce sujet ?
Comme un signal stratégique, et non comme une base de planification pour l’année prochaine. Les coûts énergétiques à court terme sont réduits grâce à l’efficacité, à la production propre et aux contrats de fourniture. Les corridors à hydrogène doivent être surveillés à long terme, sans s’appuyer sur un calendrier fixe.
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Source de l’image : générée par IA (juin 2026), certificat C2PA intégré dans l’image
