Nvidia surprend et déçoit avec ses nouveaux chiffres trimestriels
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Les marchés boursiers peuvent parfois sembler opaques. Le dernier rapport trimestriel de l’entreprise américaine Nvidia en fournit une illustration frappante. Bien que cette société, désormais la plus valorisée au monde, ait publié de nouveaux records historiques, son cours de bourse a toutefois reculé.
Les investisseurs particuliers et institutionnels réagissent souvent de façon différente. Dans le cas de Nvidia, ils sont tellement habitués à des performances exceptionnelles qu’ils peinent à valoriser pleinement même des résultats record – ce qui se traduit par une baisse du cours de l’action. Ce scénario s’était déjà produit au deuxième trimestre, puis à nouveau au troisième trimestre écoulé.
La vague d’enthousiasme autour de l’intelligence artificielle a permis à Nvidia d’enregistrer, sur la période allant de juillet à septembre, une hausse de 94 % de son chiffre d’affaires annuel, atteignant 35,1 milliards de dollars, ainsi qu’une progression supérieure à 100 % de son bénéfice net, qui s’élève désormais à 19,3 milliards de dollars. Toutefois, selon le site finanzen.net, les attentes des investisseurs étaient encore plus élevées pour le trimestre en cours : le chiffre d’affaires devrait, selon les prévisions du marché, s’établir à 37,5 milliards de dollars – avec une marge d’erreur de ± 2 %.
Une nouvelle génération de puces porteuse d’espoir
À ce titre, le chiffre d’affaires généré uniquement par les technologies pour centres de données a récemment bondi de 112 %, atteignant 30,8 milliards de dollars. Nvidia a déjà entamé le lancement de sa prochaine génération de puces dédiées à l’intelligence artificielle, baptisée « Blackwell ». Les bénéfices attendus devraient dépasser ceux de la génération actuelle, « Hopper », pendant plusieurs trimestres consécutifs. Ces composants n’ont presque plus rien de commun avec les cartes graphiques traditionnelles.
Le lancement commercial de Blackwell a toutefois connu un léger retard, selon le magazine allemand Der Spiegel, en raison de pénuries d’approvisionnement chez le fabricant taïwanais TSMC (Taiwan Semiconductor Manufacturing Company) et de problèmes de surchauffe. Nvidia affirme néanmoins avoir déjà vendu 13 000 unités de ces nouveaux processeurs à ses clients. La production de masse aurait, par ailleurs, démarré de façon remarquablement fluide, si bien que Colette Kress, directrice financière du groupe, anticipe une hausse nette des ventes de ces nouvelles puces au cours du prochain trimestre.
Jensen Huang, PDG de Nvidia, évoque quant à lui une nouvelle révolution de l’IA et considère que le monde des technologies de l’information ne fait que franchir les premiers pas d’un avenir de plus en plus façonné par l’intelligence artificielle et l’apprentissage automatique (machine learning).
Toujours l’entreprise la plus valorisée
L’entreprise qu’il a cofondée était longtemps surtout connue des joueurs vidéo comme fabricant de cartes graphiques. Mais le nouveau boom de l’intelligence artificielle, déclenché par les modèles génératifs (GenAI) tels que ChatGPT, a propulsé Nvidia au sommet du très restreint club des entreprises cotées à plus de mille milliards de dollars – et ce en un temps record. Sa capitalisation boursière, qui s’élevait à 3 580 milliards de dollars, a légèrement reculé après la publication de ses derniers résultats trimestriels, mais elle reste, au 21 novembre 2024, d’environ 120 milliards de dollars supérieure à celle d’Apple.
La société à la pomme, jusqu’alors en tête du classement il y a encore quelques mois, occupe désormais la deuxième place. Microsoft, troisième du classement, affichait début octobre 2024 une capitalisation boursière de 3 096 milliards de dollars, contre 3 013 milliards pour Nvidia à la même date. Amazon et Alphabet, la maison-mère de Google, figuraient alors respectivement à 2 049 milliards et environ 1 909 milliards de dollars, selon les données de Statista – loin derrière. Un nouvel entrant figure désormais dans ce palmarès : le géant pétrolier saoudien Saudi Aramco, avec une capitalisation de 1 744 milliards de dollars, suivi de Meta Platforms, la maison-mère de Facebook, à 1 474 milliards de dollars.
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