Étude : Les créatifs risquent -25 % de revenus avec l’IA
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Contrairement à l’automatisation, l’intelligence artificielle ne touche pas principalement les travailleurs non qualifiés, mais exerce un effet de plus en plus disruptif sur les professions qualifiées. Les artistes et musiciens en constituent un exemple frappant. Selon une étude, le secteur de la création artistique risque de subir des pertes de revenus importantes dues à l’IA.
L’essentiel en bref
- L’intelligence artificielle trompe les humains
- Le test de Turing a été réussi
- Des pertes de revenus sont à craindre
- La part de l’IA augmente
- Une action immédiate s’impose
Pour la première fois dans l’histoire, des œuvres d’art exposées à la foire Art Basel – certaines créées par des artistes humains, d’autres par une intelligence artificielle – ont passé le test de Turing. L’IA utilisée a notamment réussi à tromper les 18 personnes ayant participé au test dans le domaine de l’expressionnisme abstrait. Cela s’est produit 63 ans après la mort du pionnier britannique de l’informatique et déchiffreur de la machine Enigma, Alan Turing, qui avait prédit qu’il faudrait environ cinquante ans pour que son test soit validé.
Dans le domaine de la musique, de la littérature et des arts plastiques, les œuvres non créées par des êtres humains se multiplient. Nombre d’entre elles suscitent même une adhésion encore plus forte que celles présentées à la foire d’art de 2017. De nombreux créateurs s’inquiètent donc de voir leur emploi menacé et leurs revenus érodés par l’essor de l’IA. Une étude mondiale menée par la Confédération internationale des sociétés de gestion collective (CISAC) confirme que ces craintes sont fondées.
Tandis que les fournisseurs d’IA – ou plus précisément de génération automatisée de contenu (GenAI) – prévoient, pour 2028, un chiffre d’affaires de 64 milliards d’euros – soit plus de vingt fois supérieur à leur chiffre actuel – , le secteur audiovisuel de l’économie créative risque, selon cette même étude, une baisse de revenus de 20 %.
La synchronisation risque de subir les pertes de revenus les plus élevées dues à l’IA
Dans le domaine des banques de musique utilisées pour l’illustration sonore de vidéos ou comme fond sonore, la part de contenus générés par l’intelligence artificielle devrait atteindre environ 60 % à moyen terme, indique heise online. Les professionnels de la traduction et de la synchronisation (c’est-à-dire le doublage et l’adaptation vocale) seraient les plus touchés, avec des pertes de revenus estimées à 56 % ; les scénaristes et réalisateurs, eux, perdraient entre 15 et 20 % de leurs revenus.
Les rédacteurs de l’étude de la CISAC (Confédération internationale des sociétés d’auteurs et compositeurs) estiment donc qu’une action urgente s’impose. Ils appellent les pouvoirs publics à renforcer la protection des droits et des revenus des artistes et autres créatifs – à l’instar de ce qui a été entrepris en Australie et en Nouvelle-Zélande. Par ailleurs, ils plaident pour un écosystème IA conçu non pas pour remplacer la créativité humaine, mais pour la stimuler.
La localisation ou la traduction de textes fonctionnels s’est toujours révélée, même avant l’arrivée de ChatGPT, une activité peu lucrative. De nombreux spécialistes autrefois bien rémunérés sont aujourd’hui au chômage ou ne parviennent plus guère à vivre des honoraires de plus en plus maigres. Ce phénomène semble irréversible – tout comme dans d’autres professions jadis bien rémunérées, telles que la programmation, où l’IA s’immisce déjà de façon disruptive : elle est capable d’écrire des codes simples beaucoup plus rapidement qu’un être humain.
Une baisse des craintes liées à la perte d’emploi en Allemagne
Une étude de l’Institut bavarois de recherche sur la transformation numérique (BIDT) dessine toutefois, dans une Allemagne habituellement plongée dans un marasme ambiant, un tableau nettement moins sombre. Certes, l’euphorie initiale suscitée par l’intelligence artificielle générative s’est, selon le média spécialisé Industry of Things, quelque peu estompée – mais en contrepartie, seuls 4 % des personnes actives redoutent désormais de devenir totalement superflues sur le marché du travail au cours des dix prochaines années.
Ce chiffre marque une baisse nette par rapport à l’année précédente, où 11 % des personnes interrogées craignaient encore de perdre leur emploi à cause de l’IA. Parmi celles qui ont déjà utilisé l’IA générative, 58 % anticipent une délégation partielle de certaines tâches à cette technologie ; ce taux tombe à 39 % chez celles qui n’en ont jamais fait l’expérience.
73 % des répondants ont déjà entendu parler d’intelligence artificielle générative, tandis que 35 % l’utilisent effectivement – un taux relativement stable. ChatGPT domine largement le classement avec 81 % d’utilisateurs, suivi à distance par Google Gemini (30 %) et Microsoft Copilot (26 %). Sur le plan professionnel, l’IA générative est utilisée activement par 25 % des personnes interrogées, qui signalent majoritairement des effets positifs, notamment des gains de temps et une stimulation créative accrue.
Questions fréquemment posées
Qu’est-ce que le test de Turing ?
Le test de Turing est une épreuve destinée à déterminer si une intelligence artificielle est capable d’imiter l’intelligence humaine. Ce test a été conçu par le mathématicien et logicien britannique Alan Turing.
Quel chiffre d’affaires les fournisseurs d’intelligence artificielle prévoient-ils pour 2028 ?
Les fournisseurs d’intelligence artificielle anticipent un chiffre d’affaires de 64 milliards d’euros en 2028, soit plus de vingt fois leur chiffre d’affaires actuel.
Quel secteur sera le plus touché par l’intelligence artificielle ?
Le secteur audiovisuel de l’économie créative sera le plus affecté par l’intelligence artificielle, avec un recul potentiel des revenus de 20 %.
Quelle proportion de professionnels de la traduction et du doublage risque-t-elle d’être impactée par l’intelligence artificielle ?
Les professionnels de la traduction et du doublage subiront les pertes de revenus les plus élevées liées à l’intelligence artificielle, à hauteur de 56 %.
Quelle proportion de personnes actives en Allemagne craint de perdre son emploi à cause de l’intelligence artificielle ?
Seulement 4 % des personnes actives en Allemagne redoutent encore de devenir totalement superflues au cours des dix prochaines années – une baisse nette par rapport à l’année précédente.
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