Relance de l’Allemagne : 735
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Les faillites augmentent, les compétences manquent, la conjoncture s’essouffle. L’Allemagne est en crise, annoncent les gros titres. Ce qu’ils ne disent pas : 105 entreprises ont accordé 735 milliards d’euros d’engagements d’investissement pour le pays. CLAAS investit 320 millions dans la recherche, bien que le chiffre d’affaires recule. TRUMPF place 186 millions dans son siège de Ditzingen, alors que le marché s’effondre. Et les créances des créanciers en cas de faillite ont baissé en 2025, pas augmenté. Le récit alarmiste montre des fissures. Nous examinons qui en est l’auteur.
Les points clés en bref
- 105 entreprises annoncent 735 mrd € d’investissements d’ici 2028 (Made for Germany, données fin 2025).
- Les faillites augmentent de 10,3 %, mais les créances des créanciers reculent à 47,9 mrd € (Destatis 2025).
- CLAAS maintient ses dépenses R&D à 320 mio € malgré une légère baisse du chiffre d’affaires (exercice 2025).
- TRUMPF investit 186 mio € sur le site de Ditzingen, bien que le chiffre d’affaires chute de 17 %.
- Schüco réalise 63 % de son chiffre d’affaires à l’international et voit son service croître de 29 %.
- PMI Manufacturing en mars 2026 à 51,7 – la plus forte expansion du secteur manufacturier depuis juin 2022.
Le récit de crise et ses angles morts
Le Statistische Bundesamt a comptabilisé 24 064 faillites d’entreprises en 2025. C’est une hausse de 10,3 % par rapport à l’année précédente et le niveau le plus élevé depuis 2014. Les gros titres étaient prévisibles : l’Allemagne serait en déclin, le Mittelstand s’effondrerait, la désindustrialisation serait irréversible.
Les chiffres sont exacts. Ce qui manque au débat, c’est la seconde moitié de la statistique : les créances des créanciers sont passées de 58,1 à 47,9 milliards d’euros sur la même période. Il y a donc plus de faillites, mais moins de perte économique par dossier. Ce que cela signifie : les piliers porteurs de l’économie ne s’effondrent pas. Un stock d’entreprises plus petites, maintenues artificiellement en vie depuis la pandémie grâce aux programmes d’aide, se nettoie. C’est douloureux, mais ce n’est pas une crise structurelle. C’est une normalisation.
Le contexte historique rend l’interprétation encore plus nette : 24 064 faillites sont le niveau le plus élevé depuis 2014, lorsqu’on en comptait 24 085. Mais en 2009, année de crise, on en enregistrait 32 687. L’Allemagne est loin d’une vague de faillites comparable à la crise financière. Ce que nous observons, c’est une correction de marché tardive après trois ans de stabilisation artificielle grâce aux aides Covid, aux prêts KfW et aux boucliers tarifaires de l’énergie. C’est douloureux pour les concernés, mais ce n’est pas le signe d’un échec systémique.
Ce que les données conjoncturelles de mars 2026 montrent, c’est un tableau plein de contradictions. L’indice de confiance des entreprises ifo est tombé à 86,4 points – la composante attentes a chuté autant que depuis plus de trois ans, sous l’effet de l’incertitude énergétique et des tensions géopolitiques. Simultanément, le PMI Manufacturing a grimpé à 51,7 points, le niveau le plus haut depuis juin 2022. Les nouvelles commandes croissent à la vitesse la plus rapide depuis quatre ans.
Comment concilier tout cela ? Le moral est nerveux, mais la production tourne. Les dirigeants s’inquiètent des douze prochains mois, tandis que les acheteurs commandent plus de matières premières que depuis des années. C’est le schéma typique d’un retournement conjoncturel : l’économie réelle se redresse avant que le sentiment ne le suive. La Bundesbank prévoit, à partir du deuxième trimestre 2026, une croissance nettement plus forte, portée par les investissements publics et la reprise des exportations.
Ce ne sont pas des chiffres de fête. Mais ce n’est pas non plus le tableau d’un pays qui abandonne.
735 milliards : Ce qui se cache derrière ce chiffre
En juillet 2025, Christian Sewing (Deutsche Bank), Roland Busch (Siemens), Mathias Döpfner (Axel Springer) et Alexander Geiser (FGS Global) ont fondé l’initiative « Made for Germany ». 61 entreprises ont annoncé, au lancement, des engagements d’investissement de 631 milliards d’euros. À la fin de 2025, l’initiative comptait 105 membres, l’engagement étant passé à 735 milliards d’euros d’ici 2028.
« L’Allemagne a besoin d’un nouveau système d’exploitation axé sur la croissance, la technologie et la compétitivité. Le moment est venu. Politique et entreprises doivent instaurer une nouvelle forme de coopération. »
Roland Busch, CEO Siemens (Ad Hoc News, juillet 2025)
Les critiques adressées à l’initiative sont légitimes et ne doivent pas être occultées. le média sectoriel Table.Media a publié un document interne fuité, révélant que de nombreuses investissements annoncés étaient déjà prévus avant la création de l’initiative. BASF avait déjà décidé de construire un laboratoire de formation, Bosch la modernisation d’une usine à Bamberg, DHL la construction d’un centre de colis à Alsfeld.
Le document contenait des consignes de langage pour les participants : « Les montants d’investissement peuvent varier. Ce qui compte, c’est le signal clair de la volonté d’investir. » Cette formulation montre que les organisateurs savaient eux‑mêmes à quel point la frontière entre engagement réel et relations publiques peut être mince.
Il serait toutefois erroné de reléguer l’initiative à une simple politique symbolique. 735 milliards d’euros ne sont pas négligeables, même si une partie aurait été investie de toute façon. La vraie valeur de Made for Germany réside moins dans la somme que dans le signal : des entreprises comme BMW, Siemens, SAP et Microsoft Germany affichent publiquement leur attachement au territoire. À une époque où le discours dominant est celui de la « délocalisation », cela constitue un contre‑poids.
R&D même en période de ralentissement. (Pexels)
CLAAS : 320 millions en R&D, malgré la baisse du chiffre d’affaires
CLAAS est un bon exemple de la façon dont les entreprises de taille moyenne investissent sans attendre la conjoncture. Le fabricant de machines agricoles de Harsewinkel a enregistré au cours de l’exercice 2025 une légère baisse de son chiffre d’affaires, passant de 5,0 à 4,9 milliards d’euros. La réaction : 319,9 millions d’euros en recherche et développement. Le troisième exercice consécutif au‑delà de 300 millions.
Ce que CLAAS fait de cet argent est intéressant. Deux nouvelles lignes de production entièrement automatisées ont été mises en service : un centre de pré‑fabrication à Harsewinkel et un entrepôt à rayonnages élevés à Bad Saulgau. Parallèlement, l’entreprise a créé « CLAAS connect », un écosystème numérique qui permet la gestion de flottes inter‑fabricants.
Le free cash‑flow a augmenté de 32 % malgré la baisse du chiffre d’affaires, atteignant 252 millions d’euros. C’est la signature d’une entreprise familiale qui pense à long terme : ne pas réduire les investissements à chaque ralentissement économique, mais les réaliser précisément lorsque les capacités et les fournisseurs sont disponibles.
Il ne s’agit pas d’une décision isolée, mais d’une culture d’entreprise. Les machines CLAAS sont présentes sur les champs de 140 pays. Quand le cœur de métier fonctionne, une entreprise familiale utilise les trimestres plus faibles pour accroître sa profondeur de production et réduire sa dépendance aux fournisseurs. Les nouvelles installations de Harsewinkel et Bad Saulgau sont exactement cela : moins d’externalisation, plus de contrôle sur sa propre chaîne de valeur. En période de chaînes d’approvisionnement fragiles, c’est un avantage stratégique, pas seulement un projet d’investissement.
TRUMPF : 186 millions pour le siège, en plein ralentissement
TRUMPF a réalisé en 2022/23 un chiffre d’affaires record de 5,4 milliards d’euros, le plus haut de son histoire centenaire. Deux ans plus tard, le chiffre d’affaires s’élève à 4,3 milliards, soit une baisse de 17 %. La situation des commandes dans le secteur des machines-outils est faible, la demande en Chine s’est effondrée.
Ce que TRUMPF a fait pendant sa phase de boom en dit plus que la crevasse actuelle : 316 millions d’euros ont été investis dans des immobilisations corporelles, dont 59 % en Allemagne, principalement au siège de Ditzingen. Cela représente environ 186 millions d’euros pour un site que d’autres avaient déjà amorti à ce moment‑là.
Ditzingen emploie environ 5 900 personnes. TRUMPF aurait pu, pendant la phase de boom, s’étendre sans problème vers des sites moins coûteux. Au lieu de cela, l’entreprise a investi en Allemagne. Il s’agit d’une décision de localisation consciente, pas d’un automatisme.
La crevasse actuelle du chiffre d’affaires est due à la conjoncture, pas à une faiblesse structurelle. L’Allemagne est redevenue le plus grand marché unique de TRUMPF au cours de l’exercice en cours, après s’être temporairement déplacée derrière l’Asie.
Ce qui distingue TRUMPF de nombreux concurrents : l’entreprise a investi de façon anticyclique. Pendant la phase de boom, alors que chaque fabricant augmentait ses capacités et que les prix des travaux de construction explosaient, TRUMPF a utilisé les marges pour moderniser son site d’origine. Cela porte ses fruits aujourd’hui : tandis que d’autres doivent consolider leurs sites en période de ralentissement, TRUMPF a déjà bouclé son cycle d’investissements et peut se concentrer sur l’innovation.
Schüco : 63 % à l’international, mais enracinée à Bielefeld
Schüco, basée à Bielefeld, constitue à première vue un contre‑exemple. Seulement 37 % du chiffre d’affaires de 2,05 milliards d’euros sont générés en Allemagne. 63 % proviennent des marchés internationaux.
Mais il ne s’agit pas d’une fuite, mais d’une stratégie. Schüco s’est internationalisée à temps et a déplacé son focus de la simple vente de produits vers le « Lifecycle de l’enveloppe du bâtiment ». L’entreprise accompagne aujourd’hui non seulement la construction de façades et de fenêtres, mais l’ensemble de la phase d’utilisation. Le secteur des services a progressé de 29 % en 2024, atteignant 36 millions d’euros.
La stratégie 2030 mise sur des solutions circulaires et un accompagnement numérique du cycle de vie. Ce n’est pas un retrait du site allemand. C’est le modèle d’une société qui scale l’ingénierie allemande à l’international tout en conservant le pays d’origine comme centre d’innovation.
Les 41,6 millions d’euros d’investissements en 2024 sont consacrés à cette transformation digitale. Schüco crée des jumeaux numériques pour les enveloppes de bâtiments, propose une maintenance prédictive pour les systèmes de façade et développe des logiciels qui reproduisent l’ensemble du cycle de vie d’un composant. C’est le type de création de valeur qui ne peut être délocalisé en Roumanie ou au Vietnam. Elle nécessite des ingénieurs capables de conjuguer science des matériaux, développement logiciel et physique du bâtiment. Et on les trouve à Bielefeld.
IA dans le PME : moins de hype, plus d’impact
Fabrication rencontre IA. (Pexels)
Les success‑stories de CLAAS, TRUMPF et Schüco ont un point commun : la digitalisation n’est plus un projet, mais une partie intégrante de la stratégie d’entreprise. Cela ne concerne pas seulement les grands groupes. 41 % des entreprises allemandes utilisent déjà l’IA en 2026. En 2024, ce n’était que 17 %. C’est le résultat d’une enquête Bitkom menée auprès de 604 entreprises début 2026. 48 % supplémentaires prévoient ou discutent de son déploiement. Seulement 11 % jugent l’IA comme non pertinente.
Concrètement, le Green‑AI Hub Mittelstand, une initiative du ministère fédéral de l’Environnement, montre comment cela se traduit. 20 projets pilotes avec des entreprises de 50 à 500 salariés ont présenté leurs résultats en décembre 2025. KÜBLER GmbH à Ludwigshafen, fabricant de systèmes de chauffage d’atelier avec environ 200 salariés, a développé un configurateur d’équipements basé sur l’IA, réduisant l’empreinte matérielle de 15 %. Le logiciel recommande à la force de vente la configuration la plus économe en ressources avant même le lancement de la production. System 180 à Berlin, producteur de systèmes modulaires de mobilier, utilise la reconnaissance de pièces assistée par IA, économisant ainsi 10 tonnes d’acier et 65 tonnes de bois par an. Au total, les 20 projets pilotes ont permis d’économiser 320 tonnes de matériaux.
Il ne s’agit pas de projets de conférence de presse. Ce sont des PME manufacturières qui, avec un budget maîtrisé, obtiennent des résultats mesurables. L’Allemagne adopte l’IA plus lentement que les États‑Unis, mais de façon plus proche de l’industrie. Telekom et NVIDIA ont conjointement lancé à Munich la première Cloud IA industrielle souveraine d’Europe. Les fournisseurs allemands de l’automobile utilisent le contrôle qualité assisté par IA. Les constructeurs de machines développent des modèles de maintenance prédictive à partir de leurs propres données opérationnelles.
La clé réside exactement ici : connaissance du domaine + outils IA. Un installateur de chauffage en Palatinat, qui collecte des données d’équipements depuis des décennies, possède un atout qu’une start‑up de la Silicon Valley ne peut reproduire. En exploitant ce trésor de données avec des modèles IA modernes, il crée un avantage concurrentiel durable. Le programme du Green‑AI Hub se poursuit jusqu’en 2029 et accueille continuellement de nouvelles entreprises.
Le fonds spécial comme tournant
En plus des investissements privés, le fonds spécial d’infrastructure et de défense de l’État modifie fondamentalement les conditions du jeu. 500 milliards d’euros sur douze ans, dont 18 milliards explicitement pour la numérisation. S&P Global intitule son outlook Europe du premier trimestre 2026 « Germany’s Fiscal Reawakening ». La Bundesbank prévoit, à partir du deuxième trimestre 2026, une « croissance nettement plus forte, tirée principalement par les dépenses publiques et une reprise des exportations ».
« À partir du deuxième trimestre 2026, la croissance économique se renforcera nettement, tirée principalement par les dépenses publiques et une reprise des exportations ».
Joachim Nagel, président de la Deutsche Bundesbank (Bloomberg, décembre 2025)
Les investisseurs internationaux se repositionnent également. Amundi, l’un des plus grands gestionnaires d’actifs au monde, intitule son analyse Allemagne 2026 « Germany: Crisis Comes Opportunity ». Ce n’est pas un document de relations publiques allemand, mais l’évaluation sobre d’un asset manager disposant de 2 200 milliards d’euros sous gestion.
La combinaison d’un stimulus fiscal, de la baisse des prix de l’énergie et d’un marché du travail qui se stabilise crée une fenêtre d’opportunité. Pas d’optimisme aveugle, mais des investissements ciblés. Les entreprises qui agissent dès maintenant se positionnent pour la reprise. Ceux qui attendent risquent de se retrouver, pendant la phase de relance, sans capacité disponible.
Ce que cela implique pour les budgets IT des PME
Les chiffres macro sont impressionnants. Mais qu’est‑ce que cela signifie pour le DSI d’une PME de 500 salariés qui élabore son budget IT 2027 ?
Premièrement : le paysage des subventions a changé. Le crédit de soutien à la numérisation ERP de la KfW propose, depuis juillet 2025, des prêts à taux réduit pour les projets IA, la digitalisation des processus et les nouveaux produits numériques. Aucun montant minimum, demande via la banque principale, décision en quelques semaines. Le réseau Mittelstand‑Digital du BMWK offre un accompagnement gratuit en cinq modules, de la stratégie de numérisation à la cybersécurité. Ce ne sont pas des programmes théoriques qui prennent la poussière dans les brochures ministérielles. Les 20 entreprises du Green‑AI Hub les ont déjà utilisés.
Deuxièmement : le fonds spécial ne transite pas directement sur les comptes d’entreprise, mais il change les règles du jeu. 18 milliards pour la numérisation signifient : un haut débit plus rapide, des interfaces administratives modernisées, une meilleure infrastructure numérique. Qui investit maintenant dans la migration cloud ou l’intégration IA bénéficiera, dans deux ans, d’un environnement nettement plus favorable qu’aujourd’hui.
Troisièmement : les entreprises citées dans cet article ont un point commun. Elles investissent non pas malgré la crise, mais à cause de la crise. Parce que les capacités sont disponibles, les prestataires sont affamés et la concurrence hésitante. Qui reporte son upgrade ERP, son projet cloud ou ses pilotes IA à des temps meilleurs constatera que, lorsque les conditions s’améliorent, tous se lancent simultanément et les prix augmentent.
Reboot Germany : pourquoi nous racontons ces histoires
Cet article marque le lancement de notre nouvelle rubrique « Reboot Germany » sur les quatre magazines MBF Media : sur MyBusinessFuture, dans le cloudmagazin, chez Digital Chiefs et sur SecurityToday. Nous racontons les histoires qui disparaissent dans la couverture des crises : des entreprises qui investissent plutôt que d’attendre, des dirigeants qui prennent leurs responsabilités au lieu de chercher des coupables, des secteurs qui se transforment au lieu de se résigner.
Pas comme un contre‑programme à la critique. Les chiffres de l’insolvabilité sont réels, la pénurie de main‑d’œuvre qualifiée est réelle, les obstacles réglementaires sont réels. Mais tout aussi réels sont les 735 milliards d’euros d’engagements d’investissement, les entreprises familiales qui croient depuis des générations en leur implantation, et un redémarrage fiscal que les analystes internationaux qualifient de tournant.
Dans les mois à venir, nous publierons des portraits de retours, des interviews de PDG et des revirements sectoriels. Quatre perspectives, un fil conducteur : l’Allemagne possède la substance nécessaire pour opérer la transition. Il faut maintenant les histoires qui montrent comment.
Conclusion : trois questions pour votre prochaine réunion du conseil d’administration
Le récit de la crise a une fonction : il crée une pression à l’action. Mais il ne raconte que la moitié de la vérité. CLAAS, TRUMPF et Schüco montrent que le Mittelstand allemand n’attend pas que la conjoncture tourne. Il investit, automatise et s’internationalise dès maintenant, afin de récolter les fruits dans trois à cinq ans.
Le modèle est le même pour les trois entreprises : investir de façon anticyclique quand les autres réduisent leurs dépenses, renforcer les fonds propres quand le financement externe devient cher, développer le site allemand parce que les compétences d’ingénierie et la profondeur de fabrication ne sont rassemblées nulle part ailleurs. Ce n’est pas de la nostalgie, mais du calcul.
Ce que vous devriez vous demander cette semaine :
1. Quel projet repoussons‑nous depuis des mois ? Le moment est venu. Les prestataires ont des capacités, la KfW les finance, et la concurrence hésite encore.
2. Où se trouve notre trésor de données ? KÜBLER a récupéré des données d’équipements et en a construit un configurateur IA. Quelles données accumulez‑vous depuis des années sans les exploiter ?
3. Investissons‑nous de façon anticyclique ou procyclique ? CLAAS et TRUMPF investissent quand cela fait mal. Qui n’investit que pendant les années de boom paie les prix les plus élevés et se retrouve sans substance lors de la prochaine récession.
735 milliards d’euros d’engagements d’investissement ne constituent pas un chèque en blanc pour l’optimisme. Mais l’effet de signal est réel. La production s’étend, le cadre de soutien est en place, et des entreprises comme KÜBLER montrent qu’on n’a pas besoin de milliards pour obtenir des résultats IA mesurables, mais seulement de 200 salariés et de la volonté de se lancer.
Quand on parle de l’Allemagne, il ne faut pas seulement compter les insolvabilités, mais aussi les investissements. La substance est là. Reboot Germany raconte les histoires de ceux qui font tourner la roue.
Foire aux questions
Qu’est‑ce que l’initiative « Made for Germany » ?
Made for Germany a été créée en juillet 2025 par les PDG de Deutsche Bank, Siemens, Axel Springer et FGS Global. L’initiative regroupe aujourd’hui 105 entreprises qui souhaitent investir ensemble 735 milliards d’euros en Allemagne d’ici 2028. Parmi les membres figurent BMW, SAP, Microsoft Allemagne et Bosch.
Pourquoi les faillites augmentent‑elles alors que l’économie se redresse ?
Les 24 064 faillites enregistrées en 2025 sont en partie une conséquence tardive de la pandémie. Les programmes d’aide étatiques ont maintenu artificiellement de nombreuses entreprises en vie. Parallèlement, les créances des créanciers sont passées de 58,1 à 47,9 milliards d’euros, ce qui indique que ce sont surtout les petites structures qui sont touchées, et non les piliers économiques.
Quels dispositifs de financement existent pour la numérisation des PME ?
Le crédit de financement ERP Digitalisation de la KfW propose des prêts à taux avantageux, sans montant minimum, pour les projets d’IA et la digitalisation des processus. La demande se fait auprès de la banque principale. En outre, le réseau Mittelstand‑Digital du BMWK offre des conseils gratuits. Le Green‑AI Hub Mittelstand accompagne, jusqu’en 2029, les entreprises dans des projets pilotes d’IA axés sur l’efficacité des ressources.
Quel est le pronostic économique allemand pour 2026 ?
Les indicateurs conjoncturels envoient des signaux mitigés. Le PMI Manufacturing a atteint 51,7 points en mars 2026, la plus forte expansion depuis juin 2022. En revanche, l’indice de confiance des chefs d’entreprise ifo est tombé à 86,4, sous l’effet de l’incertitude géopolitique. La Bundesbank prévoit une croissance du PIB de 0,6 % en 2026, avec une accélération à partir du deuxième trimestre grâce au fonds spécial.
Qu’est‑ce que la rubrique « Reboot Germany » ?
Reboot Germany est une rubrique éditoriale couvrant les quatre magazines B2B du réseau MBF Media : MyBusinessFuture, cloudmagazin, Digital Chiefs et SecurityToday. Elle raconte des histoires de redressement sincères issues du Mittelstand et du secteur technologique : portraits de retours, interviews de PDG et revues sectorielles. La rubrique compte actuellement plus de 40 articles.
Reboot Germany : lire la suite dans tous les magazines
- Hidden Champions : comment 1 307 leaders mondiaux traversent discrètement la crise (MyBusinessFuture)
- Cloud‑Fachkräfte : pourquoi l’Allemagne rattrape son retard en Upskilling (cloudmagazin)
- CEO‑Turnaround : ThyssenKrupp, Infineon, Continental (Digital Chiefs)
- Ransomware‑Résilience : pourquoi les entreprises allemandes paient moins souvent (SecurityToday)
Tous les articles Reboot-Germany par magazine
- MyBusinessFuture – PME, investissements, politique économique
- cloudmagazin – Cloud, Edge Computing, souveraineté numérique
- Digital Chiefs – Perspectives C‑Level, transformation, succession
- SecurityToday – Cybersécurité comme avantage concurrentiel, NIS2, SOC
Source de l’image d’illustration : Pexels

