23.04.2026

Process Mining dans les PME en 2026 : Celonis, SAP Signavio et UiPath en action

8 min de lecture

En 2026, le Process Mining n’est plus une discipline marginale pour les PME, mais un outil concret pour rendre mesurables les processus d’achat, de traitement des commandes et de service. Celonis, SAP Signavio, UiPath et l’alternative open source Apromore ont considérablement réduit les efforts nécessaires à son déploiement. Pour les responsables informatiques des PME, la question en 2026 n’est plus de savoir si le Process Mining fonctionne, mais à quel endroit le premier essai libérera le plus grand levier en termes de temps de traitement et de coûts opérationnels.

L’essentiel en bref

  • Marché en croissance à deux chiffres. Le marché du Process Mining atteint environ 0,85 milliard de dollars en 2026 et croît, selon les dernières analyses sectorielles, à un taux annuel de plus de 18 %. Celonis domine, tandis que SAP Signavio rattrape rapidement son retard dans les environnements SAP existants.
  • ROI issu des fonctions support. En 2026, les gains mesurables les plus importants ne proviennent pas de la production, mais des processus Purchase-to-Pay, Order-to-Cash et de la gestion des services informatiques. Selon les études de cas des fournisseurs, des économies de plusieurs pourcents sur le volume total des processus analysés sont la norme, et non l’exception.
  • Démarrage en semaines, pas en années. Un pilote bien planifié sur un processus est opérationnel en douze à seize semaines. Le bloc le plus long n’est pas l’outil de mining, mais l’extraction des systèmes sources et la coordination avec les métiers pour définir ce qui constitue un écart acceptable par rapport au processus cible.

À voir aussiL’analytique prédictive dans l’ERP : piloter le cycle de vie client  /  PSD3 dans les PME : APIs bancaires et finance embarquée en 2026

Ce que le Process Mining apportera aux PME en 2026

Qu’est-ce que le Process Mining ? Le Process Mining est une technique d’analyse qui reconstitue le déroulement réel des processus métiers à partir des données événementielles des systèmes IT opérationnels tels que les ERP, CRM ou outils de gestion des tickets. En s’appuyant sur les identifiants de cas, les horodatages et les types d’activités, cette méthode rend mesurables les écarts entre processus théorique et réel, les temps d’attente et les boucles de retours, sans nécessiter de documentation manuelle de la part des collaborateurs.

Le Process Mining extrait des logs des systèmes centraux la manière dont un processus se déroule réellement, et non comme il est décrit dans le manuel. Un ERP génère des commandes, des réservations, des validations et des livraisons horodatées ; un système de tickets enregistre la séquence des changements de statut ; un CRM suit les appels, les devis et les confirmations de commande. L’outil de mining reconstitue à partir de ces données un *event log* et révèle les parcours effectivement empruntés par les clients, les commandes et les tickets de support. Les écarts par rapport au processus théorique, les temps d’attente, les retours en arrière et les étapes manuelles intermédiaires deviennent visibles, sans qu’il soit nécessaire d’animer des ateliers pendant trois semaines.

Pour les PME, l’essentiel est que le seuil d’entrée en 2026 sera nettement plus bas qu’au cours des années précédentes. Celonis propose avec son *Execution Management System* une solution cloud qui s’adapte parfaitement aux volumes des entreprises de taille moyenne. SAP Signavio représente souvent une voie plus directe pour les clients SAP S/4HANA, car les connecteurs préconfigurés sont disponibles dès l’installation. UiPath Process Mining combine le mining avec une plateforme d’automatisation, ce qui accélère le passage à l’automatisation concrète des processus. Apromore, en tant qu’alternative open source, intéresse les entreprises soucieuses de préserver, dans un premier temps, la sensibilité des données et la maîtrise de leur infrastructure.

Dans la plupart des projets menés auprès des PME, le premier processus analysé est *Purchase-to-Pay*. Trois effets s’y conjuguent. Les escomptes de règlement sont perdus parce que les validations prennent plus de temps que les délais de paiement. Des commandes sont créées en double lorsqu’un second collaborateur ne trouve pas la première. Et le nombre de factures sans bon de commande associé est souvent plus élevé que ne l’indique l’indicateur interne. L’outil de mining visualise ces schémas en quelques jours, sans que le service achats ou la comptabilité n’ait à mener sa propre analyse.

*Order-to-Cash* constitue le second point d’entrée typique. Du bon de commande client au règlement, les entreprises industrielles de taille moyenne enregistrent souvent des délais de plusieurs semaines, avec des boucles dans les étapes de validation, de configuration et de logistique. Le Process Mining révèle à quel moment le temps de traitement s’allonge réellement. Souvent, ce n’est pas la production qui est en cause, mais l’intervalle entre la confirmation de commande et la validation interne, qui peut s’étendre sur plusieurs jours. En quantifiant cette zone, vous obtenez une base de discussion objective avec les équipes commerciales et comptables.

0,85 Mrd. USD
Volume mondial du marché du Process Mining en 2026. Le taux de croissance annuel s’élève, selon les dernières analyses sectorielles, à environ 18 %. Cette croissance est principalement portée par les déploiements cloud et les cas d’usage dans les domaines de la finance et des achats.
Source : Market.us Process Mining Market Analysis 2025/2026, Gartner Market Guide for Process Mining.

Quels processus dans les PME miner en priorité

L’ordre des cas d’usage s’est nettement stabilisé chez les PME en 2026 par rapport à il y a deux ans. Purchase-to-Pay arrive presque toujours en première position, suivi d’Order-to-Cash et de l’IT-Service-Management. Viennent ensuite la production, la maintenance et les enjeux liés au funnel marketing. La raison est simple : la qualité des données dans l’ERP et le système de tickets est généralement meilleure que dans les systèmes de production. Les effets mesurables se font sentir plus rapidement.

Un fournisseur industriel du secteur de la construction mécanique en Rhénanie-du-Nord-Westphalie a appliqué le Process Mining à son processus d’achat début 2026. En l’espace de six semaines après le lancement, il est apparu qu’un bon tiers des demandes d’achat attendaient quatre jours ou plus pour être approuvées, car le responsable d’approbation était absent du parcours standard et que la règle de substitution, bien que présente dans l’organigramme, n’était pas intégrée au workflow. La solution n’a pas nécessité d’investissement logiciel, mais simplement une modification des règles dans l’ERP. C’est le rythme typique : une découverte qui divise par deux le temps de traitement, sans que l’entreprise n’investisse un deuxième Euro dans l’automatisation.

Order-to-Cash est le point d’entrée principal pour les entreprises de négoce et les prestataires B2B. Ici, on constate souvent que les délais de livraison promis par les ventes s’écartent systématiquement des délais réels, car des étapes internes comme la vérification de crédit, la validation technique et la priorisation des expéditions ne sont pas prises en compte dans la planification. Le Process Mining offre pour la première fois à la direction une comparaison fiable entre les promesses commerciales et le déroulement opérationnel. Dans la plupart des cas, cela ne conduit pas à une recherche de responsabilité, mais à un ajustement sobre des délais de livraison standard ou à un investissement ciblé sur un point précis, auparavant non identifié comme un goulot d’étranglement.

L’IT-Service-Management est le troisième cas d’usage sous-estimé. Les services informatiques des PME gèrent régulièrement entre cinq cents et cinq mille tickets par mois, avec une logique de statut claire et des horodatages dans Jira Service Management, ServiceNow ou Topdesk. Le Process Mining révèle ici les parcours d’escalade, le « ping-pong » des tickets entre équipes et le respect réel des engagements de SLA. Lors de la migration des solutions ITSM on-premise vers le cloud, un regard via le mining s’avère particulièrement utile, car les processus évoluent de toute façon durant cette phase, et une baseline propre n’a pas de prix.

Où le Process Mining échoue dans les PME

  • Journal d’événements sans Case-ID propre dans le système source
  • Manque de ownership par les métiers (l’IT fait tout seul)
  • Découvertes sans plan d’action opérationnel
  • Pilote sans indicateur de référence préalable

Où le Process Mining porte ses fruits dans les PME

  • Purchase-to-Pay ou Order-to-Cash comme point de départ
  • Rôle de sponsor clair au niveau de la direction
  • Équipe pluridisciplinaire (IT, métiers, contrôle de gestion)
  • Pilote avec baseline mesurable par cas d’usage

Dans la gestion des services, il existe en outre un aspect gouvernance. Celui qui a correctement miné ses tickets identifie des îlots de processus établis dans la pratique, mais absents du manuel de processus ITSM. Ce n’est pas un signal d’alarme, mais souvent une adaptation pragmatique de la part des collaborateurs. La question décisive est de savoir si ces raccourcis doivent être intégrés au modèle de processus officiel ou s’ils doivent être supprimés pour de bonnes raisons. Le Process Mining fournit à cette discussion une base factuelle qui faisait défaut auparavant.

La production et la maintenance constituent souvent la deuxième vague dans les projets des PME. Ici, les données d’événements se trouvent souvent dans les systèmes MES et SCADA, qui ne sont pas conçus pour une Case-ID unifiée. L’effort de préparation des données est sensiblement plus élevé. En revanche, les effets, lorsqu’ils se manifestent, sont souvent plus importants : les temps de réglage, les arrêts imprévus et les pertes de matériel peuvent être quantifiés avec une précision que seule permettait auparavant une collecte manuelle de données sur plusieurs semaines. Pour les fabricants de taille moyenne avec un volume élevé de production en variantes, c’est un sujet qui devient rentable la deuxième ou troisième année après le démarrage, et non dès le début.

Comment les PME planifient leur premier projet de Process Mining

En 2026, la planification d’un premier projet de Process Mining suit un schéma relativement stable. En amont, la question porte sur le processus présentant le point de douleur le plus visible, tandis qu’en aval, le sponsor vient de la direction. Entre les deux s’inscrit la planification concrète du projet, qui se structure en cinq phases.

Parcours d’entrée du Process Mining pour les PME
Semaines 1-2
Sélection du cas d’usage : choisir un processus avec un identifiant de cas clair, un KPI mesurable et un sponsor au sein du métier. Purchase-to-Pay ou Order-to-Cash constituent les points d’entrée les plus robustes.
Semaines 2-6
Extraction des données : récupérer le journal d’événements depuis le système source, mapper correctement les horodatages, l’identifiant de cas, l’activité et le rôle. L’effort se concentre ici, pas dans l’outil.
Semaines 6-10
Analyse et découvertes : modéliser ce qui éloigne le processus réel du processus cible. Valider chaque découverte avec le métier avant de communiquer le résultat à la direction.
Semaines 10-14
Définition des mesures : pour chaque goulot d’étranglement confirmé, prévoir une mesure concrète (modification de règle, rôle, automatisation) avec un responsable et une échéance.
Semaines 14+
Monitoring continu : le tableau de bord de mining devient partie intégrante du revue mensuelle des processus. La baseline est recalibrée trimestriellement.

L’erreur la plus fréquente dans les projets menés par les PME consiste à sous-estimer la phase d’analyse et à étirer excessivement la phase de mesures. Envoyer à la direction, à la fin de la dixième semaine, une présentation avec vingt découvertes sans avoir désigné un responsable concret pour chacune d’elles fait perdre l’élan. Le succès d’un projet de mining se joue sur la capacité à mettre en œuvre, dans un délai de trois mois, les trois à cinq premières découvertes. La poursuite du projet dépend directement de l’impact mesurable du premier cycle sur la baseline définie.

En 2026, le choix de l’outil dans les PME suit une règle pragmatique : les entreprises utilisant des systèmes SAP centraux optent pour SAP Signavio ou une installation Celonis avec connecteurs SAP. Celles misant sur Microsoft Dynamics et Power Platform bénéficient de l’intégration étroite entre UiPath et Power Automate. Les entreprises sans stack technologique clairement défini testent Celonis et Apromore en parallèle, ces deux solutions offrant un large portefeuille de connecteurs. Les coûts de licence ne sont que rarement le point bloquant. L’élément décisif réside dans la capacité à identifier en interne un analyste mining, soit en tant que poste dédié, soit en tant que part d’une fonction existante entre l’IT et le contrôle de gestion.

Un point qui prend de l’importance en 2026 est le lien entre Process Mining et automatisation. UiPath, Microsoft Power Automate et, dans une moindre mesure, Celonis établissent des passerelles entre les découvertes du mining et l’automatisation concrète des processus, transformant ainsi une boucle de rétroaction identifiée en candidat à l’automatisation. Pour les PME, ce lien n’est pas une obligation lors du premier cycle, mais il constitue une raison solide pour choisir l’outil de mining en anticipant les besoins futurs en automatisation. Si vous avez miné le processus d’achat et identifié trois mesures pouvant être mises en œuvre sous forme de petites automatisations dans Power Automate ou UiPath, vous optimisez significativement le ROI de l’introduction du mining dès le second semestre.

Sur le plan organisationnel, une équipe de trois acteurs s’est avérée stable. L’IT fournit le pipeline de données et assure l’exploitation de l’outil. Le métier apporte l’expertise processus et décide de ce qui constitue une déviation acceptable. Le contrôle de gestion quantifie l’impact avant la mise en œuvre et vérifie ensuite si la baseline évolue comme prévu. Sans cette triade, les projets de mining dans les PME restent souvent en suspens, car l’IT seule ne peut interpréter les processus, et le métier seul ne peut gérer la base de données.

En matière de gouvernance, le Process Mining est moins problématique que beaucoup d’autres projets data. Les journaux d’événements analysés ne contiennent généralement pas de données personnelles sensibles, mais des identifiants de cas, des horodatages et des rôles. Il convient néanmoins d’impliquer tôt le responsable de la protection des données, surtout si les activités des collaborateurs peuvent être analysées par rôle. En cas de doute, les données personnelles sont anonymisées, et l’analyse se concentre sur les rôles et les unités organisationnelles, plutôt que sur les individus. Cette approche correspond d’ailleurs à la pratique courante dans la plupart des PME et évite que des discussions avec le comité d’entreprise ne freinent le projet avant même que les premières découvertes ne soient présentées.

Questions fréquentes

À partir de quelle taille d’entreprise le Process Mining devient-il rentable pour les PME ?

En pratique, à partir d’environ cinquante millions d’euros de chiffre d’affaires annuel ou dès qu’un effet de quelques pourcents sur le temps de traitement génère un impact financier visible. Les entreprises avec une forte proportion de processus standardisés manuels, comme les achats ou la gestion des commandes, en tirent profit plus tôt que les fabricants en mode projet.

Combien de temps faut-il pour un premier cas d’usage productif en Process Mining ?

Douze à seize semaines si la base de données est propre. En cas de mauvaise qualité des ID de cas dans le système source ou d’absence d’horodatages, il faut compter six à huit semaines supplémentaires pour la préparation des données. L’analyse et la dérivation des mesures, elles, sont relativement rapides.

Quels coûts réalistes le Process Mining engendre-t-il pour les PME ?

Les coûts de licence pour des solutions cloud comme Celonis ou SAP Signavio se situent dans la fourchette moyenne à cinq chiffres par an, selon le nombre d’utilisateurs et le volume de données. Le poste le plus important est souvent le soutien externe pour le premier cas d’usage et les jours-hommes internes en IT et dans les services métiers. Avec un pilote clairement défini, le budget total pour la première année se situe généralement dans une fourchette basse à moyenne à six chiffres.

Dois-je me décider tôt entre Celonis, SAP Signavio et UiPath ?

Pas nécessairement, mais le choix est rarement reporté. La plupart des PME suivent leur stack de systèmes principaux existants. Les clients SAP optent souvent pour Signavio, tandis que les utilisateurs de Microsoft Dynamics se tournent plutôt vers UiPath ou Celonis avec une intégration Power Platform. Les entreprises ouvertes évaluent Celonis et Apromore en parallèle, car ces deux solutions offrent une large connectivité.

Quel est le risque de résistance de la part du comité d’entreprise ?

Il est plus faible qu’avec le monitoring des comportements, mais pas nul. L’essentiel est que l’analyse soit adaptée aux rôles et aux unités organisationnelles, et non aux employés individuels. Impliquer tôt le comité d’entreprise et rendre transparent le cadre d’analyse permet d’éviter les résistances en pratique. Un accord d’entreprise écrit sur l’utilisation du Process Mining reste néanmoins recommandé dans les entreprises soumises à la codétermination.

Plus d’articles du réseau MBF Media

Source de l’image à la une : Pexels / MART PRODUCTION (px:7605981)

Aussi disponible en

Un magazine de evernine media GmbH