Bildmotiv zu Csrd, Omnibus und Reform im redaktionellen Magazinkontext
03.04.2026

CSRD-Omnibus 2026 : Ce que la réforme européenne change pour les PME

4 min de lecture

Le 18 mars 2026, la directive européenne « Omnibus » modifiant la CSRD est entrée en vigueur. Elle réduit le nombre d’entreprises soumises à l’obligation de rapporter sur leur performance en matière de durabilité en Europe, passant d’environ 50 000 à environ 5 000 entreprises. Pour les PME allemandes, cela signifie ceci : toute entreprise comptant moins de 1 000 salariés ou réalisant un chiffre d’affaires inférieur à 450 millions d’euros est désormais exemptée de l’obligation de reporting ESG. Parallèlement, un nouveau bouclier de protection voit le jour pour les PME intégrées dans des chaînes d’approvisionnement.

L’essentiel en bref

  • La directive Omnibus (RL 2026/470) est entrée en vigueur le 18 mars 2026. Environ 90 % des entreprises auparavant soumises à la CSRD sont exclues du champ d’application (EUR-Lex).
  • Nouveaux seuils : Seules les entreprises de plus de 1 000 salariés ET de plus de 450 millions d’euros de chiffre d’affaires net doivent publier un rapport (cumulatif, non alternatif).
  • Nouvelle protection PME : Les entreprises de moins de 1 000 salariés peuvent refuser les demandes de données ESG dépassant le standard volontaire VSME (protection de la chaîne de valeur).
  • 🇩🇪 L’Allemagne a jusqu’au 19 mars 2027 pour la transposition nationale. La mise en œuvre précédente de la CSRD était déjà en retard (échéance juillet 2024).
  • La CSDDD (directive sur la chaîne d’approvisionnement) a également été révisée : Nouveau seuil 5 000 salariés + 1,5 milliard d’euros. Environ 70 % d’entreprises en moins concernées.

Ce que la directive Omnibus change

La directive 2026/470 a été publiée au Journal officiel de l’UE le 26 février 2026 et est entrée en vigueur 20 jours plus tard. Elle est le résultat d’un changement de cap politique : la Commission européenne a reconnu que la réglementation CSRD initiale imposait une charge disproportionnée aux PME. La BDI a parlé d’une « occasion unique » pour une réforme ciblée.

Les chiffres sont clairs. Avant la réforme, environ 50 000 entreprises étaient soumises à l’obligation de reporting dans toute l’Europe, dont environ 15 000 en Allemagne. Après la directive Omnibus, ce cercle se réduit à environ 5 000 entreprises dans l’UE. En Allemagne, selon les estimations des associations, elles devraient être environ 1 500. Cela représente une réduction de 90 %.

50 000
Entreprises auparavant (dans l’ensemble de l’UE)
5 000
Entreprises désormais
-90 %
Réduction du champ d’application
Source : Chambre de commerce et d’industrie du lac de Constance (IHK Bodensee), KPMG Law, Rödl & Partner (2026)

Les nouveaux seuils en détail

La modification la plus décisive concerne les seuils d’application. Jusqu’à présent, un système échelonné s’appliquait : vague 1 pour les entreprises cotées en bourse comptant plus de 500 salariés, vague 2 pour les grandes entreprises, vague 3 pour les PME orientées vers les marchés de capitaux. La directive Omnibus remplace ce dispositif par un seuil clair et cumulatif.

L’obligation de reporting ne s’applique désormais qu’aux entreprises qui remplissent simultanément les deux critères suivants : plus de 1 000 salariés en moyenne annuelle et un chiffre d’affaires net supérieur à 450 millions d’euros. Une entreprise comptant 2 000 salariés mais seulement 300 millions d’euros de chiffre d’affaires n’est donc pas concernée. De même, une entreprise réalisant 800 millions d’euros de chiffre d’affaires mais ne comptant que 500 salariés n’est pas non plus soumise à cette obligation. La conjonction « ET » constitue la clé de voûte de ce nouveau dispositif.

La vague 3, destinée aux PME orientées vers les marchés de capitaux, a été supprimée intégralement. Pour les sociétés mères établies dans des pays tiers, le seuil applicable est le suivant : un chiffre d’affaires net réalisé dans l’UE supérieur à 450 millions d’euros au cours de chacun des deux derniers exercices comptables.

Le standard VSME : un bouclier de protection pour les PME

La directive Omnibus introduit un nouveau concept de protection : la protection dans la chaîne de valeur. Les entreprises comptant moins de 1 000 salariés sont désormais considérées comme « entreprises protégées ». Elles disposent d’un droit légalement ancré de refuser les demandes de données ESG qui dépassent le cadre du standard volontaire VSME.

Le Voluntary SME Standard (VSME), élaboré par l’EFRAG, comprend environ 100 points de données répartis en deux modules : un module de base couvrant les informations ESG fondamentales et un module complémentaire contenant des indications supplémentaires spécifiques à chaque secteur d’activité. À titre de comparaison, les European Sustainability Reporting Standards (ESRS) complets comprennent plus de 1 000 points de données.

Dans la pratique, cela signifie ceci : si un grand groupe demande à son sous-traitant, employant 300 personnes, de remplir un questionnaire ESG exhaustif comportant 500 points de données, ce dernier peut légalement refuser cette demande. Le sous-traitant doit uniquement se conformer au standard VSME. Le grand groupe ne peut invoquer aucune rupture contractuelle.

« Après que le Parlement européen a fixé sa position, il est essentiel que l’idée de soulagement soit systématiquement poursuivie lors des prochaines négociations tripartites (trilogues). L’Europe a besoin d’une solution pragmatique et proportionnée. »
Achim Dercks, directeur général adjoint de la DIHK (avril 2025)

CSDDD : la directive sur le devoir de vigilance est également assouplie

La directive Omnibus ne réforme pas uniquement la CSRD, mais aussi la Corporate Sustainability Due Diligence Directive (CSDDD). Les nouveaux seuils applicables sont les suivants : plus de 5 000 salariés et un chiffre d’affaires supérieur à 1,5 milliard d’euros. Auparavant, ces seuils étaient fixés à 1 000 salariés et 450 millions d’euros.

Trois obligations essentielles ont été supprimées : l’obligation d’établir un plan de transition climatique (Transition Plan), le régime de responsabilité civile européen et l’obligation de mettre fin aux relations commerciales comme ultime recours. Le montant maximal des amendes a été réduit de 5 % à 3 % du chiffre d’affaires net mondial. La conformité à la CSDDD ne deviendra effective qu’à compter de l’exercice comptable 2030.

Pour les PME, cela signifie un double soulagement : ni l’obligation directe de reporting CSRD, ni les obligations de diligence raisonnable prévues par la CSDDD ne s’appliquent aux entreprises situées en dessous des nouveaux seuils. La loi allemande sur la chaîne d’approvisionnement (Lieferkettengesetz, LkSG) devra donc être adaptée en conséquence.

Chronologie : quand entre en vigueur quoi ?

La période de transition est complexe. Voici les dates clés pour les entreprises allemandes :

Dès maintenant (depuis le 18 mars 2026) : La directive Omnibus est un droit de l’Union européenne. Elle doit encore être transposée dans le droit national. Jusqu’à cette transposition, le droit allemand en vigueur s’applique formellement. Toutefois, la directive « Stop-the-Clock », adoptée en avril 2025, a déjà reporté tous les délais de deux ans. Les conseillers recommandent aux entreprises concernées – celles qui tombent désormais en dessous des nouveaux seuils – de suspendre leurs activités de reporting jusqu’à nouvel ordre.

Au plus tard le 18 septembre 2026 : La Commission européenne doit présenter, sous forme d’un acte délégué, les normes européennes révisées de reporting en matière de durabilité (European Sustainability Reporting Standards, ESRS). Le nombre de points de données devrait être réduit d’au moins 57 %.

Au plus tard le 19 mars 2027 : L’Allemagne doit transposer les dispositions de la CSRD dans son droit national. Or, l’Allemagne n’a pas encore transposé la CSRD initiale dans les délais impartis (la date butoir était juillet 2024). Avec la réforme Omnibus, le gouvernement fédéral bénéficie d’une seconde chance pour soumettre un projet de loi adapté.

Exercice comptable 2027 : Première obligation de reporting selon le nouveau cadre juridique pour les entreprises qui restent dans le champ d’application. Les rapports seront dus en 2028.

Au plus tard le 26 juillet 2028 : Délai imparti pour la transposition nationale des modifications apportées à la CSDDD. Date d’entrée en vigueur de la conformité pour les entreprises : juillet 2029. Premiers rapports CSDDD : à partir de l’exercice comptable 2030.

Check-liste : ce que les PME doivent faire dès maintenant

La réforme Omnibus soulage les entreprises, mais elle exige néanmoins une action concrète. Ces cinq étapes permettent de bien situer sa situation :

  1. Vérifier les seuils applicables : Votre entreprise compte-t-elle plus de 1 000 salariés ET réalise-t-elle un chiffre d’affaires supérieur à 450 millions d’euros ? Seule la combinaison des deux critères maintient l’obligation de reporting CSRD. Cette vérification doit être effectuée tant au niveau individuel qu’au niveau consolidé du groupe.
  2. Évaluer les projets ESG en cours : Si votre entreprise tombe désormais en dessous des seuils, vous pouvez réexaminer la pertinence des projets de reporting déjà engagés. Un reporting volontaire selon le standard VSME peut toutefois demeurer pertinent, notamment pour les entreprises ayant des clients internationaux.
  3. Se familiariser avec le standard VSME : Le VSME devient le standard de facto pour les demandes d’informations adressées aux fournisseurs. Il comporte environ 100 points de données, organisés de façon modulaire. Une entreprise qui maîtrise proactivement le VSME dispose d’une réponse professionnelle face à ses grands clients.
  4. Examiner de façon critique les questionnaires ESG : Si un grand client exige des données allant au-delà du cadre du VSME, vous disposez désormais d’un droit légal de refus. Vous n’êtes plus tenu de remplir des questionnaires ESG propriétaires comportant 500 points de données.
  5. Suivre attentivement la transposition nationale : Le gouvernement fédéral dispose d’un délai jusqu’en mars 2027. Jusqu’à cette date, le droit antérieur s’applique formellement, mais la directive « Stop-the-Clock » a déjà repoussé les délais pratiques.

Conclusion : un soulagement, pas une alerte levée

La réforme Omnibus constitue la plus importante correction de cap dans la réglementation européenne en matière de durabilité depuis l’adoption de la CSRD. Elle réduit de 90 % le nombre d’entreprises concernées, instaure un bouclier de protection juridique pour les PME et supprime des règles de responsabilité dans le cadre de la CSDDD. Pour les PME, il s’agit d’un véritable soulagement.

Mais un soulagement n’est pas une alerte levée. Les exigences ESG ne disparaissent pas ; elles deviennent simplement plus proportionnées. Grands clients, banques et investisseurs continueront de demander des données relatives à la durabilité. La différence réside dans l’existence désormais d’un cadre juridique empêchant les PME de devenir, sans contrepartie, des fournisseurs gratuits de données pour les grands groupes. Le VSME constitue ce cadre. Celui qui le connaît détient un avantage compétitif.

Questions fréquentes

En tant qu’entreprise comptant 500 salariés, suis-je toujours soumis à l’obligation CSRD ?

Non, à condition de ne pas réaliser simultanément un chiffre d’affaires net supérieur à 450 millions d’euros. Les nouveaux seuils définis par la directive Omnibus (RL 2026/470) exigent que les deux critères soient remplis de façon cumulative : plus de 1 000 salariés ET un chiffre d’affaires supérieur à 450 millions d’euros.

Qu’est-ce que le standard VSME et dois-je l’appliquer ?

Le Voluntary SME Standard est un standard volontaire de reporting en matière de durabilité, élaboré par l’EFRAG et comportant environ 100 points de données. Vous n’êtes pas tenu de l’appliquer. Toutefois, il joue un rôle protecteur : si un grand client exige des données ESG allant au-delà du VSME, vous pouvez légalement refuser cette demande.

Que devient la loi allemande sur la chaîne d’approvisionnement (LkSG) ?

La LkSG devra être adaptée dès que l’Allemagne aura transposé les modifications apportées à la CSDDD (délai : juillet 2028). Les seuils de la CSDDD passent à 5 000 salariés et 1,5 milliard d’euros de chiffre d’affaires. Le montant maximal des amendes passe de 5 % à 3 % du chiffre d’affaires net mondial.

À partir de quand le nouveau droit s’applique-t-il en Allemagne ?

La directive européenne est entrée en vigueur le 18 mars 2026, mais elle doit encore être transposée dans le droit national. L’Allemagne dispose d’un délai jusqu’au 19 mars 2027. La directive « Stop-the-Clock » a déjà repoussé les délais pratiques de reporting de deux ans.

Dois-je tout de même produire un rapport volontaire ?

Si vous êtes sous-traitant d’un grand groupe soumis à la CSRD ou si vous sollicitez un financement bancaire assorti de critères ESG, un reporting volontaire selon le standard VSME est pertinent. L’effort requis est maîtrisable (environ 100 points de données au lieu de plus de 1 000). Pour les entreprises B2B purement régionales, la priorité est moindre.

Articles complémentaires

Plus d’articles du réseau média MBF

Source de l’image principale : Jack Sparrow / Pexels

Aussi disponible en

Un magazine de evernine media GmbH