Geldsack mit Dollarzeichen und Daten als Symbol für US-Zölle
30.03.2026

Bitkom : Une taxe numérique serait la mauvaise réponse aux droits de douane américains

2 min de lecture

L’Europe s’efforce depuis plusieurs années de renforcer sa souveraineté numérique, mais elle reste encore trop dépendante des logiciels américains et des services de technologies de l’information et de la communication (TIC). Selon Bitkom, une taxe numérique serait donc la mauvaise réponse aux droits de douane américains actuels.

L’essentiel en bref

  • Munich et Vienne ont entamé leur basculement vers Linux respectivement en 2003 et 2005
  • La dépendance à l’égard de Microsoft reste très forte
  • Le Bitkom critique les droits de douane américains
  • 29 % des entreprises allemandes exportent des technologies numériques
  • L’Europe manque d’alternatives crédibles

 

Le cri pour une souveraineté numérique de l’Allemagne et de l’Europe retentit de plus en plus fort ces derniers temps. Pourtant, les initiatives dans ce sens ne sont pas nouvelles. Munich et Vienne, par exemple, avaient déjà lancé dès 2003 et 2005 leurs projets LiMux et Wienux visant à migrer leurs administrations publiques vers Linux – ou plus largement vers les logiciels open source. Mais certaines de ces villes ont ensuite partiellement fait marche arrière, la dépendance à l’égard de Microsoft et d’autres géants américains s’étant révélée trop importante.

 

Dans le domaine privé également, il est nettement plus facile de refuser d’acheter une barre chocolatée ou une voiture américaine que de se passer des logiciels et services états-uniens. Car cela impliquerait, entre autres, de renoncer aux plaisirs du streaming auxquels on est habitué.

 

Le syndicat professionnel de l’industrie des technologies de l’information et de la communication (Bitkom) avance un argument similaire : après la hausse drastique des droits de douane américains, des voix se sont élevées pour répondre par une taxe numérique – une proposition que le Bitkom rejette.

 

Le président du Bitkom, le Dr Ralf Wintergerst, déclare : « La décision douanière du gouvernement américain constitue un signal désastreux. Elle porte atteinte au libre-échange mondial et fait grimper les coûts pour les entreprises comme pour les consommatrices et consommateurs. Le secteur numérique allemand sera fortement touché : au total, 29 % des entreprises allemandes exportent à l’étranger des technologies et prestations numériques ; après l’Union européenne, les États-Unis constituent leur deuxième partenaire commercial le plus important. »

 

La facture serait à la charge des entreprises nationales

« Les contre-mesures doivent être soigneusement et intelligemment évaluées », poursuit Wintergerst. « En particulier, dans le cas d’une taxe sur le numérique, ce sont les entreprises, les administrations publiques et les citoyennes et citoyens allemands qui paieraient l’addition d’un conflit commercial déplacé dans l’espace numérique. Or, dans de nombreux domaines – logiciels standards, solutions cloud – , ils restent encore largement tributaires des fournisseurs américains. Les coûts augmenteraient là où ils devraient au contraire être réduits. La numérisation de l’économie et de l’administration serait freinée, alors qu’elle exige précisément une accélération urgente. »

 

Actuellement, l’Europe « manque tout simplement d’alternatives suffisantes ». L’ensemble de ces éléments montre que l’Europe et l’Allemagne doivent impérativement construire une véritable souveraineté numérique, réduire leurs dépendances et, ce faisant, élargir leur marge de manœuvre.

 

En effet, si les États-Unis enregistrent un déficit commercial avec la plupart des pays pour les marchandises, leurs exportations de services vers l’Union européenne dépassent leurs importations de 109 milliards d’euros. Par ailleurs, les taxes applicables à ces services restent relativement faibles. Rétablir l’équilibre entre ces deux flux commerciaux ne sera certainement pas une mince affaire. Même les amendes très élevées imposées par l’UE n’ont jusqu’à présent pas réussi à entamer le pouvoir des géants technologiques américains. Toutefois, les droits de douane élevés imposés par les États-Unis à l’encontre de l’UE risquent désormais de nuire également à ces entreprises : c’est pourquoi plusieurs dirigeants de grandes sociétés technologiques américaines se sont publiquement opposés aux tarifs douaniers actuels.

Questions fréquentes

Que signifie l’appel à la souveraineté numérique ?

L’appel à la souveraineté numérique de l’Allemagne et de l’Europe est un appel à l’indépendance vis-à-vis des logiciels et services américains. Ce cri d’alarme s’intensifie, car la dépendance à l’égard de géants américains comme Microsoft est aujourd’hui très forte.

Quelles sont les conséquences des droits de douane américains ?

Les droits de douane imposés par les États-Unis nuisent au libre-échange mondial et font grimper les coûts pour les entreprises et les consommateurs. Le secteur numérique allemand sera particulièrement touché : 29 % des entreprises y exportent des technologies et des services numériques à l’étranger.

Que déclare le président de Bitkom ?

Le Dr Ralf Wintergerst, président de Bitkom (fédération allemande des industries des technologies de l’information, des télécommunications et des nouveaux médias), juge que la décision douanière du gouvernement américain envoie un signal désastreux et porte atteinte au libre-échange. Il met en garde contre une éventuelle taxe sur le numérique, qui pèserait sur les entreprises et les consommateurs allemands.

Pourquoi une taxe sur le numérique poserait-elle problème ?

Une telle taxe serait problématique, car les entreprises et les consommateurs allemands dépendent largement des logiciels et services américains. Elle ferait augmenter les coûts là où ceux-ci devraient justement être réduits. La numérisation de l’économie et de l’administration publique en serait freinée.

Quelle lacune affecte l’Europe ?

L’Europe manque encore d’alternatives suffisantes aux logiciels et services américains. Cette absence rend difficile la construction d’une souveraineté numérique et la réduction des dépendances structurelles.

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