Bitkom : Une taxe numérique serait la mauvaise réponse aux droits de douane américains
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L’Europe s’efforce depuis plusieurs années de renforcer sa souveraineté numérique, mais elle reste encore trop dépendante des logiciels américains et des services de technologies de l’information et de la communication (TIC). Selon Bitkom, une taxe numérique serait donc la mauvaise réponse aux droits de douane américains actuels.
L’essentiel en bref
- Munich et Vienne ont entamé leur basculement vers Linux respectivement en 2003 et 2005
- La dépendance à l’égard de Microsoft reste très forte
- Le Bitkom critique les droits de douane américains
- 29 % des entreprises allemandes exportent des technologies numériques
- L’Europe manque d’alternatives crédibles
Le cri pour une souveraineté numérique de l’Allemagne et de l’Europe retentit de plus en plus fort ces derniers temps. Pourtant, les initiatives dans ce sens ne sont pas nouvelles. Munich et Vienne, par exemple, avaient déjà lancé dès 2003 et 2005 leurs projets LiMux et Wienux visant à migrer leurs administrations publiques vers Linux – ou plus largement vers les logiciels open source. Mais certaines de ces villes ont ensuite partiellement fait marche arrière, la dépendance à l’égard de Microsoft et d’autres géants américains s’étant révélée trop importante.
Dans le domaine privé également, il est nettement plus facile de refuser d’acheter une barre chocolatée ou une voiture américaine que de se passer des logiciels et services états-uniens. Car cela impliquerait, entre autres, de renoncer aux plaisirs du streaming auxquels on est habitué.
Le syndicat professionnel de l’industrie des technologies de l’information et de la communication (Bitkom) avance un argument similaire : après la hausse drastique des droits de douane américains, des voix se sont élevées pour répondre par une taxe numérique – une proposition que le Bitkom rejette.
Le président du Bitkom, le Dr Ralf Wintergerst, déclare : « La décision douanière du gouvernement américain constitue un signal désastreux. Elle porte atteinte au libre-échange mondial et fait grimper les coûts pour les entreprises comme pour les consommatrices et consommateurs. Le secteur numérique allemand sera fortement touché : au total, 29 % des entreprises allemandes exportent à l’étranger des technologies et prestations numériques ; après l’Union européenne, les États-Unis constituent leur deuxième partenaire commercial le plus important. »
La facture serait à la charge des entreprises nationales
« Les contre-mesures doivent être soigneusement et intelligemment évaluées », poursuit Wintergerst. « En particulier, dans le cas d’une taxe sur le numérique, ce sont les entreprises, les administrations publiques et les citoyennes et citoyens allemands qui paieraient l’addition d’un conflit commercial déplacé dans l’espace numérique. Or, dans de nombreux domaines – logiciels standards, solutions cloud – , ils restent encore largement tributaires des fournisseurs américains. Les coûts augmenteraient là où ils devraient au contraire être réduits. La numérisation de l’économie et de l’administration serait freinée, alors qu’elle exige précisément une accélération urgente. »
Actuellement, l’Europe « manque tout simplement d’alternatives suffisantes ». L’ensemble de ces éléments montre que l’Europe et l’Allemagne doivent impérativement construire une véritable souveraineté numérique, réduire leurs dépendances et, ce faisant, élargir leur marge de manœuvre.
En effet, si les États-Unis enregistrent un déficit commercial avec la plupart des pays pour les marchandises, leurs exportations de services vers l’Union européenne dépassent leurs importations de 109 milliards d’euros. Par ailleurs, les taxes applicables à ces services restent relativement faibles. Rétablir l’équilibre entre ces deux flux commerciaux ne sera certainement pas une mince affaire. Même les amendes très élevées imposées par l’UE n’ont jusqu’à présent pas réussi à entamer le pouvoir des géants technologiques américains. Toutefois, les droits de douane élevés imposés par les États-Unis à l’encontre de l’UE risquent désormais de nuire également à ces entreprises : c’est pourquoi plusieurs dirigeants de grandes sociétés technologiques américaines se sont publiquement opposés aux tarifs douaniers actuels.
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