Économiser massivement du CO2 avec l’agriculture 4.0
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Trois ans après la publication de son rapport final en 2021, la Commission pour l’avenir de l’agriculture a présenté, fin novembre 2024, un plan d’action commun pour l’agriculture 4.0, assorti de recommandations concrètes visant à rendre la production plus respectueuse du climat et plus économe en ressources.
L’essentiel en bref
- 40 % des émissions de méthane
- 79 % considèrent la numérisation comme une opportunité
- 80 % sont favorables à une production respectueuse de l’environnement
- 6 millions de tonnes d’émissions de CO₂ évitées
- 67 % souhaitent une réduction des coûts
L’agriculture allemande est, en matière de numérisation, plus avancée qu’on ne le croit généralement. Toutefois, la mise en œuvre peine encore souvent à bénéficier d’une couverture mobile 5G ou 4G généralisée sur l’ensemble du territoire. Le fait que les technologies joueront un rôle encore plus déterminant à l’avenir est désormais confirmé par le plan d’action conjoint de la Commission pour l’avenir de l’agriculture (Zukunftskommission Landwirtschaft, ZKL).
Le document, présenté le 26 novembre 2024, met en lumière les pressions croissantes auxquelles le secteur est confronté : produire de façon écologiquement durable tout en restant économiquement abordable. La numérisation peut contribuer à concilier durabilité et compétitivité. C’est également l’avis de l’association professionnelle des industries des technologies de l’information et de la communication (Bitkom), dans un commentaire publié à l’occasion de la présentation du nouveau rapport de la ZKL.
La Commission pour l’avenir de l’agriculture rassemble des associations issues du secteur agricole, du monde économique et scientifique, ainsi que des organisations spécialisées dans la protection de l’environnement, de la nature, des consommateurs et des animaux. Son objectif est d’élaborer, de manière concertée, des solutions pérennes pour l’avenir de l’agriculture et de l’alimentation.
Économiser les ressources et protéger le climat grâce à l’agriculture 4.0
Susanne Dehmel, membre de la Commission pour la transformation numérique de l’agriculture (ZKL) et membre de la direction générale de Bitkom, déclare : « Trois ans après la publication de son rapport final en 2021, la Commission a désormais présenté un plan d’action commun. Celui-ci montre, au moyen de recommandations concrètes, comment rendre notre agriculture à la fois plus respectueuse du climat et plus économe en ressources – sans pour autant sacrifier productivité ni efficacité. Il met également fortement en lumière le rôle essentiel des technologies numériques. »
Une étude de Bitkom sur les effets climatiques démontre qu’une digitalisation accélérée du secteur agricole permettrait d’économiser, d’ici à 2030, environ 6 millions de tonnes d’équivalents CO2 en Allemagne. Selon Greenpeace, l’agriculture figure parmi les principaux émetteurs mondiaux de méthane, avec près de 40 % des émissions globales de ce gaz à effet de serre.
Les agriculteurs et agricultrices allemands ont eux-mêmes intérêt à une production plus respectueuse de l’environnement, notamment parce que les consommateurs l’exigent. Une large majorité – 79 % – considère ainsi la digitalisation comme une opportunité pour leurs exploitations. Près de 80 % sont convaincus que les technologies numériques contribuent à une production plus durable et permettent d’économiser des intrants tels que les engrais et les produits phytosanitaires. Deux tiers des 500 personnes interrogées (67 %) estiment même que ces outils aideront à réduire les coûts à long terme dans le secteur agricole.
Toutefois, près de la moitié des répondants perçoivent encore des défis liés à la digitalisation. Comme l’explique Susanne Dehmel, le recours croissant aux applications numériques prouve que les exploitations agricoles ont bien identifié leur potentiel. Mais il faut désormais mettre en place les conditions-cadres adéquates pour en tirer pleinement profit et transformer la volonté d’innover en décisions d’investissement concrètes. C’est donc maintenant à la politique de « doter les lignes directrices de la ZKL de mesures claires et opérationnelles ».
Ce que la ZKL attend de la politique
La Commission demande notamment la mise en place de plateformes de données harmonisées, afin d’éliminer les redondances dans les obligations déclaratives et de réduire la charge administrative. Par ailleurs, la ZKL plaide pour un accès facilité aux données géographiques et environnementales collectées par l’État, qu’elle souhaite voir mises gratuitement à la disposition des exploitations agricoles.
Enfin, un soutien financier s’avère indispensable pour l’acquisition de technologies modernes telles que les capteurs, l’intelligence artificielle ou encore les systèmes de gestion. Selon le plan stratégique, l’avenir de l’agriculture constitue une « tâche relevant de toute la société » et couvre des domaines d’action centraux comme la protection de la biodiversité ou la transformation du système d’élevage. La ZKL recommande également de repenser la politique agricole commune et de renforcer la résilience des systèmes agricoles et alimentaires – non seulement en Allemagne, mais aussi dans les pays du Sud global.
Questions fréquemment posées
Quel est l’objectif de la Commission pour l’avenir de l’agriculture ?
L’objectif de la Commission pour l’avenir de l’agriculture est d’élaborer, en concertation, des solutions durables pour l’avenir de l’agriculture et de l’alimentation. Elle réunit des associations représentant le secteur agricole, l’économie, la recherche scientifique, ainsi que les domaines de la protection de l’environnement, de la nature, des consommateurs et des animaux.
Quelles économies de CO₂ équivalent peuvent être réalisées grâce à la numérisation ?
Selon une étude de Bitkom, une numérisation accélérée du secteur agricole permettrait d’économiser environ 6 millions de tonnes d’équivalents CO₂ en Allemagne d’ici 2030.
Quelles mesures la Commission pour l’avenir de l’agriculture demande-t-elle aux pouvoirs publics ?
La Commission pour l’avenir de l’agriculture demande aux pouvoirs publics de mettre en place des plateformes de données harmonisées, de garantir l’accès aux données géographiques et environnementales collectées par l’État, et d’apporter un soutien financier à l’acquisition de technologies modernes.
Comment les agriculteurs perçoivent-ils la numérisation ?
Une large majorité d’agriculteurs – 79 % – considère la numérisation comme une opportunité pour leurs exploitations. Par ailleurs, 80 % d’entre eux sont convaincus que les technologies numériques contribuent à une production plus respectueuse de l’environnement et à une meilleure préservation des ressources.
Quels sont les domaines d’action définis dans la feuille de route ?
La feuille de route conçoit l’avenir de l’agriculture comme une « tâche relevant de l’ensemble de la société » et identifie des domaines d’action clés, notamment la protection de la biodiversité et la transformation des systèmes d’élevage. Une refonte de la politique agricole commune, ainsi que le renforcement de la résilience des systèmes agricoles et alimentaires, devront non seulement bénéficier à l’Allemagne, mais aussi prendre en compte les besoins du Sud global.
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